Aujourd’hui, Lisbonne a retrouvé son allure Atlantique ; il a plu cette nuit ; la journée se partage entre averses, vent et éclairicies. On se croirait à Lorient. Du coup, les rues semblent vides, les touristes qui, comme les papillons, ne sortent qu’au soleil, se sont réfugiés je ne sais où et la ville paraît désertée, ce qui ne m’a pas empêché bien entendu d’aller lire le journal à mon troquet quotidien.

Ensuite, j’avais prévu d’aller dans le nouveau lieu branché de Lisbonne qui n’a ouvert que ce week-end, la nouvelle halle du marché Ribeira près de la gare de Cais do Sodré, à 400 mètres au-dessous du Chiado. C’est une halle entièrement rénovée à côté de celle du marché classique, mais l’une étant entièrement ouverte sur l’autre ce qui déjà est amusant car il y a d’un côté le marché classique un peu vieillot, sans beaucoup de monde et, à côté, cette halle design très fréquentée. Si je voulais y aller, c’est parce que, dans cette halle, viennent de s’ouvrir vingt boutiques alimentaires de luxe. Ça va des très nombreuses et variées conserves de sardines à la pâtisserie ou au vin portugais. Mais ce qui, surtout, a suscité ma curiosité c’est que les cinq — paraît-il — plus grand chefs de Lisbonne y ont ouvert des bistrots où ils présentent quelques uns de leurs plats : Alexandre Silva (restaurant Bocca), Miguel Castro e Silva (restaurant De Castro), Henrique Sa Pessoa restaurant Alma), Marlene Vieira (Mesa do Chef) et Victor Claro (restaurant Claro). Je voulais tester. C’est fait, j’ai pris un « Menu Ribeira » de Marlene Vieira, trois ramequins contenant de petites salades : tomate cerise-feta, crustacés et fines herbes, et salade de poulpe plus deux plats chauds : gambas cuits dans un brick très fin, boulettes de purée parfumées au coriandre et brick de thon. Avec un verre de vin, un peu plus de 25 €, donc très cher pour Lisbonne mais je dois avouer que, si ce n’était pas extraordinaire, c’était bon, cuit à point et un peu original avec une recherche de finesse. Ensuite un « œuf à 64 ° » de Henrique Sa Pessoa (environ 8 €) : très bon, très fin, un œuf poché avec de petites roulades fines de jambons de pays et des asperges vertes posés sur une purée au truffe. Vous comprendrez que je me sois arrêté là. Pas tout à fait quand même car j’ai voulu goûter un pao de lo, rien à voir avec ce que j’ai mangé en ville, très onctueux, entre la gélatine et la mousse. Superbe. Tout ça m’a un peu réconcilé avec la cuisine portugaise et je pense qu’il faut aller au moins une fois à ce marché mais, pour l’instant du moins, c’est bondé. Il faut donc arriver assez tôt si on ne veut pas faire de longues queues. D’ailleurs il y avait la télévision dont l’animatrice, comme le montre la photo que je poste sur ce site (télé), n’avait pas l'air d'apprécier ma présence. Rien pourtant ne l’empêchait de mettre sa caméra ailleurs.

Enfin, il en faut plus en ce moment pour gâcher mon plaisir.

Au retour, vers quatre heures, j’ai encore emprunté un nouveau circuit. À Lisbonne il suffit de changer d’une rue pour avoir des surprises. J’ai donc découvert l’étonnant tramway qui sort d’un immeuble pour monter la très abrupte Rua da Bico de Duarte Belo sur les escaliers de laquelle un groupe d’adolescents fumait du hash et voir les étonnantes travessa en forme de toboggan, notamment la Travessa da Portuguesa par laquelle on rejoint le Chiado en passant par un autre mirador. Le soleil avait alors l’air de vouloir sérieusement gagner la partie. Mais le combat continue. On verra demain…