Tomber de Lisbonne à Evora… Je fuis Lisbonne pour fuir le bruit d’un chantier et tombe à Evora dans un hôtel où de une heure à six heures du matin des groupes de touristes hurlent dans la rue sous mes fenêtres leurs chansons insanes. Il va falloir que je fasse le « pendulaire » : journées à Évora, nuits à Lisbonne… Je hais les touristes, surtout en groupes. J'en dirai peut-être un mot un de ces jours.

Et si on parlait, un peu, de cuisine. L’impression générale, vue comme un tout est que la nourriture peut être bonne mais jamais excellente. Bien sûr, je ne suis pas allé au « Belcanto » de Lisbonne qu’indiquent les guides gastronomiques mais ce n’est pas un lieu où on va seul. Par contre, je me suis efforcé de varier les niveaux de mes restaurants, du bas au haut de gamme. Le bas de gamme, ce sont mes « gargottes » où, tout compris, on mange pour entre 10 et 15 euros. C’est souvent une nourriture de quartier c’est-à-dire avec des habitués portugais. Pour cela la nourriture y est correcte mais il ne faut pas y chercher des plats compliqués. Le poisson grillé y est souvent très correct et ils savent faire des frites. La bière à la pression, le vin maison y sont toujours de niveau honnête, le café est toujours bon — comme partout d’ailleurs au Portugal. Plutôt que d’aller dans un quelconque des dizaines de restaurant de la Baixa à Lisbonne, c’est ce que je recommande. Il y a ainsi une gargotte juste en sortant de la gare du Rossio qui ne désemplit pas de portugais, mais on trouve de ces petits restaurants partout.

Là où ça se complique c’est lorsqu’on veut des restaurants moins populaires — comme ceux de la Baixa ou de la Praça do Commercio — qui vendent des plats un peu plus sophistiqués. Personnellement, je n’en ai jamais trouvé un bon. Ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas bon. Deux exceptions toutefois, en ce qui me concerne, le Don Pedro à Caiscais que je trouve excellent et le café Brasileira Largo do Chiado avec une cuisine sans prétention qui ne trahit pas ses clients.

Pour le haut de gamme, les pausadas, assez chères, hôtels de luxe dans des lieux de prestige et qui valent toujours le détour au moins pour l’œil. J’en ai fréquenté deux, celle du Palacio Nacional de Queluz et celle du couvent dos Loios (de St Éloi) à Évora. Chaque fois j’ai été déçu car il y a toujours dans leurs plats quelque chose qui n’est pas à la hauteur des prix (il faut compter au moin 50 €, ce qui pour un Portugal où le SMIC est à moins de 600 €…) et ce qui pêche essentiellement ce sont les accompagnements, les légumes, les sauces, tout ce qui fait qu’un plat de bon devient inoubliable. Ils font souvent très bien cuire les poissons (parfois un peu trop) mais ce n’est pas aussi bien pour les viandes. J’ai aussi fréquenté un restaurant à Évora, dans une petite rue difficile à trouver qui a reçu le prix du « Prata Nacional », du « Plat Nacional », mêmes remarques : deux belles tranche de merlu (pescada) mais panées et trop salées avec un accompagnement de salades variées baignant dans une de ces sauces industrielles que je déteste. C’est assez caractéristique. Il aurait fallu que je m’étende davantage sur la très belle pausada d’Évora dont le restaurant est dans le cloître mais je ne veux pas tenir un guide gastronomique et cette page sera une exception.