Soleil. Franc, bleu, pas un nuage. Une journée parfaite d’autant qu’il y a un léger vent qui monte du Tage et promet une température agréable.

Mon nez a un peu dégonflé, je n’ai plus de pansement, seules quelques croûtes indiquent qu’il s’est passé quelque chose et m’attirent quelques regards qui se veulent discrets. Pour le reste la piscine joue parfaitement son rôle de nettoyeur interne et me débarasse presque totalement du sang coagulé qui gênait un peu ma respiration. Donc tout baigne et la journée aurait dû être parfaite.

Comme Lionel et Lara veulent voir Belem, nous avons décidé de ne nous rejoindre qu’en fin d’après midi au Parque dos Naçoes pour profiter de la belle promenade au bord du Tage que, bien sûr, ils ne connaissent pas, avant de retourner manger dans mon quartier où, dans le petit restaurant familial que je fréquente de temps en temps, nous avons réservé une table pour une de leurs deux soirées de fado hebdomadaires.

En ce qui me concerne j’ai vu, sortant de la piscine, une petite affiche annonçant les fêtes du quartie de la Graça. J’ai donc décidé d’aller y faire un tour. J’y vais après le repas. Déception, il n’y a rien sinon six stands qui vendent des produits artisanaux : miel, hirondelles en céramique, objets divers en liège et l’éternelle charcuterie. Je déconseille d’ailleurs la charcuterie portugaise, beaucoup trop grasse. J’ai essayé. Rien à voir avec la charcuterie espagnole ou française. À moins que je ne sois pas bien tombé mais il y a quand même un principe de réalité, comme j’ai jeté deux fois celle que j’ai achetée, je n’ai pas très envie de recommencer. Quoi qu’il en soit, la fête du quartier est un flop. Je me reconvertis donc dans une errance au cœur de rues que je n’ai pas encore parcourues mais c’est dimanche et, dans ces quartiers,  tout est fermé.

Je prends donc le bus (728) pour Oriente et le quartier neuf, moderniste du Parque dos Naçoes. Je m’installe à un café en attendant Lionel et Lara, lis Le Monde et Libération achetés en traversant le grand complexe commercial Vasco de Gama. Il fait beau et bon en terrasse, le temps ne pèse pas, je me laisse vivre comme j'ai appris à le faire. Quand ils me rejoignent nous faisons une longue promenade le long du Tage, le soleil décline, les couleurs de l’eau sont superbes. Photos. Nous visitons le grand hôtel moderne Myriad, magnifique extérieur comme intérieur, terrasse fabuleuse sur le Tage surtout à cette heure-ci. Puis taxi. À Lisbonne les taxis ne coûtent rien, il ne faut pas s’en priver d'autant qu'il y en a partout.

Arrivés devant l’entrée de mon resto de quartier, déception, il est fermé. Aucune explication sur la porte. Rien. Dommage, ils partent demain. Le fado sera pour un prochain voyage.

Lara rentre, elle a pris un coup de soleil, souffre. Nous allons manger avec Lionel, lui une cataplana de bacalhau, moi un arroz de tamboril (baudroie). Nouvelle déception : la baudroie est bonne, mais le riz, comme souvent ici trop cuit et fade. Le Dom Pedro de Cascais est vraiment le meilleur que j’ai fréquenté pour l’instant. Mais j’ai encore un mois pour faire d'autres tests.