Jour de la fête nationale de la révolution des œillets. Temps splendide, une vraie journée d’été. Ça tombe bien car avec Lara et Lionel nous nous sommes donnés rendez-vous à Cascais où étant donné qu’il n’y a qu’une rue commerçante il est impossible de se manquer. Nous avons décidé de profiter du soleil. Donc les plages. Mais l’eau étant, paraît-il, à neuf degrés nous abandonnons l’idée de nous baigner.

Lara avait repéré quelques adresses de grands hôtels qu’elle avait envie de voir donc, d’abord, la forteresse de Cascais. très bien aménagée, les architectes ont tiré un très bon parti de l’architecture militaire avec une cour intérieure bordée de boutiques d’artistes et des chambres donnant sur le large. Ensuite, après avoir dépassé et un peu visité un parc splendide, le Farol. Tout aussi bien aménagé, dans un autre style que le précédent mais avec une ouverture sur la mer que ne permettait pas l’architecture militaire. Tous ces hôtels affichent des prix exorbitants mais, en fait, en réservant par Internet, se révèlent assez abordables. Des adresses à recommander à des amis qui voudraient aller dans la région de Lisbonne.

Ensuite, sport involontaire. Nous décidons d’aller jusqu’à Guinxo dont on nous a dit le plus grand bien et prenons à pied la route côtière, première étape, un lieu-dit la boca de l’inferno, un grand trou dans la falaise où viennent taper les vagues, un lieu qui attire les touristes avec un petit marché de souvenirs. Je fais des photos, comme d’habitude, mais je veux aller au plus près. Je saute un rocher et, avec mes lunettes de soleil, estime mal la distance. Résultat, je heurte le rocher de la tête, du nez plus exactement. Or le nez est un organe très irrigué. Résultat, je pisse le sang. Très spectaculaire, les gens se demandent ce qu’il m’arrive. Je suis ridicule et comme je n’aime pas qu’on s’apitoie sur moi, me débrouille seul. J’achère un « torchon-souvenir », m’éponge le visage. J’ai du sang plein les mains, mon polo, mon jean, mon chapeau même. Les gens qui me regardent horrifiés doivent penser que je viens de me battre. Je vais au poste de secours, trouve un morceau de sparadrad que je me colle sur le nez. Autant dire que j’attire tous les regards. Peu importe.

On avait décidé d’aller jusqu’au fortin de Fortaleza. Nous repartons sur la route, en plein soleil tout en m’épongeant le nez avec mon torchon. Heureusement j’avais acheté un ridicule petit chapeau. Et nous marchons, nous marchons, nous marchons… nous longeons la côte, splendide mais, hormis de ci de là quelques pêcheurs, déserte avec l’impression que nous n’arriverions jamais. Nous marchons près de trois heures… Enfin Fortaleza, une belle plage, un bel hôtel mais nous sommes au coucher du soleil. Heureusement il y un taxi qui nous ramène en dix minutes à Cascais et nous dit que nous avons fait douze kilomètres à pied. Si nous avions su…

Repas à l’excellent petit restaurant Don Pedro, retour à Lisbonne, retour à pied à mon appartement. Dans la journée j’ai fait environ quinze kilomètres à pied et à l’arrivée… pour rentrer « chez moi », 144 marches. La douche de onze heures a été la bienvenue et le sommeil…