Ce matin, j’avais l’intention d’aller à Sintra, trois quart d’heures de train et des trains toutes les demi-heures, en gros Fontainebleau-Paris, ce qui ne me change pas beaucoup. En fait je suis allé à l’Estoril car, arrivé à la gare du Rossio, il y avait des queues énormes de touristes pour prendre leurs billets. Comme j’ai du temps, j’ai donc décidé de reporter ce voyage et je suis allé, à pied, à la gare du Cais do Sodre, qui est la ligne de Caicais et de descendre à l’Estoril qui se situe à deux stations de Caiscais dont j’ai déjà parlé.

Je me suis félicité de mon choix, la plage de l’Estoril est superbe, une longue promenade le long de l’océan avec peu de monde et comme le temps, au fur et à mesure de la matinée est devenu magnifique, c’était un grand plaisir de marcher au soleil, puis, quand j’étais fatigué, de lire mon journal et un roman que j’emporte toujours avec moi. Pour les amateurs de plage ou de marche, je recommande celle-là. Pour le reste, la ville est sans grand intérêt : des villas, dont certaines très cossues, des immeubles assez luxueux, un casino gigantesque, un assez beau parc entre le casino et la plage mais… des rues vides. Je me suis un peu promené, presque tous les commerces étaient fermés. Ce n’est sûrement pas encore la saison. J’ai quand même pu voir qu’il y avait beaucoup d’antiquaires ce qui dénote un certain niveau de vie. Comme je n’aime pas trop manger au milieu des touristes car on n’entend que des langues externes au Portugal — il y a notamment beaucoup d’anglais à tel point que quelques serveurs ne parlent que cette langue et ne sont donc pas portugais — j’ai, selon mon habitude cherché un restaurant plus autochtone. J’en ai trouvé un, bien caché, dans la cour intérieure d’un immeuble constitué presque exclusivement de banques et où j’ai pensé que devaient manger leurs employés. Gagné. À la pause d’une heure, j’étais entouré d’employés portugais. J’y ai mangé un excellent bacalhau asado, en fait ce que nous appelerions un dos de cabilhaud grillé, parfaitement préparé avec de fines tranches d’aïl grillées elles aussi. Un vrai plaisir. C’est une légende qu’on mange mal au Portugal. En fait, il faut s’écarter des zones touristiques et trouver de petits (ou grands) restaurants locaux. Les prix sont dérisoires : une demie-bouteille de vin, le cabilhaud et un café pour quinze euros…

Après cela je suis allé à Caiscais à pied en longeant la côte. Entre une demie heure et trois quart d’heure de marche, face à l’océan, sous un soleil tempéré par un petit vent de mer. Très agréable. C’est vrai que le soleil change le regard et que Caiscais était moins quelconque que pour ma première visite sous la brume, mais ça ne change pas vraiment mon opinion : c’est une plage à touristes avec des dizaines de restaurants qui rameutent les clients. On se croirait à Palavas les flots. En un peu mieux peut-être, mais guère, disons Fréjus ou Le Lavandou, un endroit où il n’y a rien d’autre à faire qu’à arpenter cent fois les mêmes rues avec les mêmes souvenirs de pacotille, ou s’installer à une terrasse au soleil ou bronzer à outrance, des deux côtés si possible, sur la petite plage. Pas ma tasse de thé.

Demain je vais aller à Sintra.